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Mascarade politique entre socialistes, écologistes et front de gauche
L’hypocrisie n’aura duré que quarante heures : les socialistes, les écologistes et le front de gauche ont fini leur marchandage pour trouver un accord de fusion de leurs deux listes. Un accord à l’arraché à la vue des querelles entre Mr Meirieu et Mr Queyranne durant la campagne.
Quand le PS n’hésite pas à taper sur les écologistes.
En effet, les écologistes doivent encore avoir en mémoire les vidéos assassines du PS pointant les difficultés Mr Meirieu (vidéo que vous pouvez retrouver ici) Dénigrant régulièrement son adversaire, Mr Queyranne ne manquait pas demander à Mr Meirieu de « revoir [ses] fiches ». Un comportement qui ne manquait pas d’exaspérer Mr Meirieu au point de déclarer fin février « Je n’en peux plus de son mépris ».
Les électeur d’Europe Ecologie n’oublieront pas non plus que Mr Queyranne avait écrit au CSA pour faire interdire Ushuaïa. Ils se souviendront également de la petite phrase de Mr Soulage « Ils votent Meirieu à 80% et après, ils sortent des flingues. Ils ont voulu l’affaiblir en le plaçant en 4e position de la liste départementale ». Bonjour l’ambiance !
Quand les écologistes raillent le PS.
De l’autre côté, les socialistes doivent encore se souvenir des petites phrases sur leur parti : « les socialistes ne veulent pas voir qu’ils sont à la fin d’un cycle politique » qu’avait prononcé Mr Meirieu. Ce dernier d’ailleurs n’avait pas manqué d’insister sur les ravages du cumul, la ringardise des professionnels de la politique. « Vous passez votre temps à casser du sucre sur le dos du PS » n’avait pas manqué de lui rétorquer, Mr Queyranne.
Pour un siège ou deux, on peut oublier ses idéaux ?
Pourtant, en moins de 40h, tout cela était oublié, tout comme leurs programmes, pourtant très différents tous les 3. Mais après tout, quand il est question de sièges, il est très facile de trouver le plus petit dénominateur commun, quitte à ce dernier tienne sur un timbre-poste. Car voilà pour moi où se situe l’insupportable de la situation, et ce que je déteste en politique : Lorsqu’il est question de monnayer un siège ou deux, l’homme politique est prêt à tout, et surtout à mettre de côté ses convictions, son honneur, fut il bafoué et trainé dans la boue par ses adversaires !
Non, les électeurs ne sont pas de vulgaires pourcentages qui s’additionnent !
Alors non, à l’heure où l’abstention montre le dégout des Français pour la politique, le PS, le Front de Gauche et Europe écologie montrent le pire des visages ! Pire encore, ils se moquent totalement de leurs électeurs qui ont placé en eux leur confiance, sur une liste, sur un programme, et pas sur un marchandage. On peut se demander ce que représentent pour Mr Meirieu, Mme Martin et Mr Queyranne ces électeurs qu’ils semblent traiter comme des chiffres qu’ils se monnayent ! Non, les électeurs méritent mieux que ça, et j’espère que ces derniers refusent ces manœuvres politiciennes d’un autre temps.
Premier débat sur les élections régionales
Mercredi soir avait lieu à Lyon le premier débat sur les élections régionales organisé par Lyon Capitale en présence de Françoise Grossetête (UMP), Jean-Jack Queyranne (PS), Bruno Gollnisch (FN), Philippe Meirieu (Europe écologie) et Elisa Martin (FG, qui avait remplacé Mr Begag, ce dernier ayant fait preuve de grand n’importe quoi question mauvaise fois) autour de 4 thèmes :
- L’identité régionale (voir le résumé de Lyon capitale)
- L’environnement et les transports (voir le résumé de Lyon capitale)
- Le développement économique (voir le résumé de Lyon capitale)
- La campagne électorale (voir le résumé de Lyon capitale)
N’étant pas journaliste, je vous invite à lire les comptes rendus, qui seront sans doute bien meilleurs que si je les avais écrits. Je préfère donc donner mon point de vue personnel sur ce que j’ai perçu de ce débat et qui n’est pas visible dans ces comptes rendus, de plus sans programme, il est difficile de juger les candidats pour le moment ou de les départager.
Une chose m’a surpris dans ce débat, c’est l’aspect caricatural, voir cliché de certains candidats. Ainsi, Mme Martin tenait particulièrement bien son rôle d’Arlette Laguiller avec un discours du milieu du siècle passé dénonçant le vil capital, tout en étant très rigide dans ses positions. Quant à Mr Meirieu, comment dire poliment que j’ai eu l’impression d’avoir sur la tribune une sorte de farce ambulante ? Un exemple pour, un peu anecdotique, mais qui m’a marqué par son ridicule : sa théorie que les JO seraient mieux si l’on ne récompensait pas le gagnant, parce que la culture du vainqueur n’était pas bonne. Je ne parlerais pas de sa visible méconnaissance de dossiers rhônalpins en lui laissant le bénéfice de la naïveté politique. Globalement après cette soirée, il me parait clair que seuls 3 candidats ont fait bonne figure, Mr Queyrrane qui, il faut le reconnaitre, a certaines qualités et sera un candidat difficile à battre, Mr Gollnisch, qui malgré son idéologie qui me révulse, connait ses dossiers, et enfin Mme GrosseTête qui m’a agréablement surpris sur ses positions écologiques.
Ce débat a été également l’occasion de mesure grand jeu d’acteur entre le Front de gauche, les verts et le PS ? Un « je t’aime moi non plus » digne d’Hollywood ! Passant de mots très dur envers le Ps Mr Queyranne et essayant de tenter de marquer une différence sans trop critiquer le bilan de Mr Queyranne (après tout, son bilan est également leur bilan) à une espèce de tractation publique pour le second tour (j’ai tout simplement halluciné quant à la fin du débat, on voyait Mr Meirieu marchander avec Mr Queyranne publiquement). Car après tout, si au début chacun se tire dans les pattes, au final, Front de gauche, modem et vert ne manqueront pas de se coucher devant le PS pour gratter une place bien au chaud dans le nouveau palais de la région ! Et franchement sur ce point, mais comment peut-on prendre à ce point les électeurs pour des imbéciles ? Comment un électeur peut-il voter pour une liste et un programme au premier tour, pour que cette même liste et ce même programme ne soit plus du tout le même au second tour ?
Au final, ce débat était une première mise en bouche intéressante, mais comme je l’ai dit, faut de programme clair et disponible, il me laisse un peu sur la faim. J’aurais peut être aimé que l’on s’auto congratule moins sur les TER dont les services ne sont pas forcément aussi idéique que ce que la majorité sortante a voulu nous montrer, à croire qu’ils n’ont jamais pris le train tous les jours, ni payé un prix astronomique d’un voyage à l’unité et qui n’ont jamais vraiment perçu les aspects ridicules de la carte OùRa (c’est un ancien « usager » du Vienne – Lyon qui vous parle). J’aurais aimé également que l’on insiste plus sur la fiscalité de la région qui s’est envolée ces dernières années, ou bien que l’on revienne plus longuement sur la construction de ce nouveau palais de régions au cout astronomique avec l’argent du contribuable. Pour une prochaine fois peut-être ?