La nouvelle est tombée ce matin : Le président Nicolas Sarkozy a signé mardi soir le décret de promulgation, et la loi a été publiée mercredi matin au Journal officiel. Ce dernier évènement clôt donc le chapitre des retraites.
Ce sera sans doute LA réforme de ce quinquennat, puisqu’elle sauve notre système par répartition, héritage de De Gaulle. Pourtant, cette réforme n’était pas au programme du candidat Sarkozy en 2007 comme me l’on souligné certaines personnes dans les nombreux commentaires que j’ai eus sur ce blog. À ceux-ci je ferais noter que la crise de 2008 n’était pas au programme, et que, fort heureusement, gouverner c’est aussi s’adapter aux aléas économiques. Il aurait été ainsi criminel de ne rien faire et endetter les générations futures sous prétexte que ce n’était pas dans un programme. Preuve en est qu’au PS, le conservatisme et l’immobilisme sont toujours d’actualité.
Cette réforme est certes difficile, travailler plus n’est pas des plus agréable, mais elle répond néanmoins au problème démographique que l’on peut schématiser (et simplifier) ainsi : « S’il y a 30 ans, 3 actifs contribuaient à la retraite d’une personne pour les 7 dernières années de sa vie, aujourd’hui ce sont moins de 2 actifs qui doivent financer 12 années de retraite ». Inutile de faire de grandes études pour comprendre que le système risquait d’imploser si rien n’était fait.
Voilà donc les points principaux de cette réforme :
Les éléments en gras sont selon moi les points importants de cette réforme puisqu’ils garantissent la justice sociale.
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Télécharger la Loi sur la réforme des retraites parue au journal officiel
J’avais il y a quelques jours dénoncé l’appel des socialistes après des jeunes pour qu’ils stoppent leurs études et aillent défiler dans les rues contre la réforme des retraites. J’avais exprimé qu’il était choquant d’instrumentaliser ainsi la jeunesse tout en rappelant que cette réforme nous éviterait à nous les jeunes d’être accablés par le poids d’une retraite à crédit (voir la note : Retraites : Le PS oscille entre irresponsabilité, démagogie et dangereux populisme).
En dehors du populisme cet appel représentait un risque certain de débordement, nombre de personnalités politiques l’avaient souligné. Les faits leur ont malheureusement donné raison, notamment à Lyon qui a été victime de scènes de guerre civile entre casseurs et force de l’ordre. Voir l’article de Lyon Capitale : Manif, dégradations et pillages : le récit de la journée de mardi (vidéo), mais également les photos que l’on m’a envoyées.
Je ne ferais pas d’amalgame entre jeunes et casseurs, mais à moins d’ignorer les réalités, mais à partir de cet appel, ce genre de dérapage était inévitable : là où les salariés ont un cadre, une organisation via les syndicats, les lycéens n’ont rien de tout ça. C’est donc sans surprise que des casseurs peuvent se joindre à ce capharnaüm avec comme conséquence ces tristes évènements.
Jouer avec le feu, et pire même attiser ce feu comme l’a fait le PS est tout simplement inadmissible de la part d’un parti prétendant vouloir gouverner un jour la France. Inciter les jeunes à défiler dans les rues alors que les débordements présentaient un risque pour les jeunes eux même tient tout simplement de l’irresponsabilité. Il est temps que le PS prenne la mesure de leurs déclarations et surtout leur responsabilité. J’ose espérer que le PS ne nous resservira pas un « responsable, mais pas coupable » et j’avoue que, comme indiqué le 15 octobre sur Twitter, l’idée de les voir régler la note pour des dégâts causés ne serait pas une mauvaise chose.
Toujours au sujet de la guerre des chiffres déjà évoqué ici : La guerre des chiffres des manifestations… Verdic, les syndicats exagèrent très largement le nombre de manifestants et La guerre des chiffres des manifestations du 23 septembre,voilà une petite vidéo du grand journal qui en dit long sur la méthode de comptage des syndicats : Voir le petit journal du 13/10/2010.
Toujours sur le même sujet, médiapart s’est tenté au jeu du comptage à Paris, verdict : Ils ont compté encore moins de manifestants que la police !!! Voir MANIFS – Toujours la guerre des chiffres (RTL, Mediapart), je vous laisse également regarder la vidéo de LCM qui s’est également prêté au jeu du compte :
Dans le conflit sur la réforme des retraites, la frontière de l’irresponsabilité a été franchie par le PS et la voix de Mme Royal, qui mardi soir sur le JT, a appelé les jeunes à venir manifester dans les rues. Comment, alors que jusque-là les syndicats avaient fait preuve de responsabilité sur ce point, une personnalité politique de ce niveau (Mme Royal était candidate à l’élection présidentielle en 2007), peut, pour des raisons uniquement politiciennes, appeler les jeunes à sécher les cours, et mettre donc leur avenir en péril ? Je trouve ça extrêmement choquant d’instrumentaliser ainsi la jeunesse uniquement dans le but de gonfler le nombre de manifestants, et je ne comprends pas comment, au PS, on peut soutenir de tel propos !
Car oui, à en écouter les discours tenus par ces Lycéens; on peut réellement parler d’instrumentalisation de la jeunesse. Demander une retraite à 60 alors même que l’on n’a pas commencé à cotiser, c’est également assez ironique. Car qu’on se comprenne bien, pour nous les jeunes la question qui nous concerne dans l’immédiat n’est pas l’âge où l’on partira en retraite, mais surtout de savoir si notre avenir ne sera pas hypothéqué par le poids d’une retraite à crédit des générations devant nous. La question n’est pas de savoir quels seront nos droits dans un demi-siècle, mais bel et bien quel sera le poids de notre contribution via nos cotisations tout au long de notre vie. Et en ce sens, le projet de réforme évite que tout le poids de la dette repose sur nous. De plus, rappelons le bien : dans un système par répartition, de solidarité entre générations, nous ne cotisons pas pour nos retraites, mais pour celle de nos ainés, comme nos retraites seront financées par les générations qui nous succèdent.
J’entends dire, et ça m’énerve au plus haut point, que pour chaque sénior actif, c’est un emploi de moins pour les jeunes… Ce raisonnement est complètement faux, et surtout extrêmement dangereux, car il oppose les générations. N’importe quel économiste vous le dira, le travail n’est pas une richesse qui se partage, mais le travail est source de richesse qui créé du travail ! Qu’il y a un problème d’emplois des jeunes, c’est certain, mais les boucs émissaires ne sont surtout pas à chercher chez nos séniors, mais plutôt vers le manque de professionnalisation de nos cursus scolaires et des formations déconnectées du monde du travail tant sur le terme des débouchés que sur la formation. Bref, l’avenir des étudiants et des Lycéens n’est pas dans la rue, mais sur le banc des études.
Pour conclure cette note, je soulignerais que cette posture de Mme Royal est symptomatique de la difficulté du PS à se positionner comme un réel parti de gouvernement. Car sur le sujet des retraites, ces déclarations démagogiques et populiste ne sont qu’un écran de fumée. Après tout, faut-il rappeler qu’en début d’année, Mme Martine Aubry envisageait un report de l’âge légal à 61 ou 62 ans, mais également que Mr Dominique Strauss-Kahn, félicitait la France pour ce report.
Il y a quelques jours, j’avais écrit une note concernant cette guerre des chiffres entre syndicats et agent de police avec des cas risibles comme à Marseille (voir la note : la guerre des chiffres des manifestations du 23 septembre). Note dans laquelle j’étais arrivé à la conclusion qu’il était peu probable que les chiffres des syndicats soient exacts. Cette conclusion est maintenant démontrée, puisque samedi, à Albi, un huissier a été dépêché pour faire les comptes. Résultat de l’opération : 4 380 manifestants selon l’huissier, 4 200 selon la police, 20 000 selon les syndicats. (Source lemonde.fr)
Comme vous pouvez le voir, le compte fait par une personne indépendante conforte le chiffre des policiers, mais surtout montre que les syndicats ne font plus que surévalué le nombre de personne dans la rue. Il est donc clair que lorsque les syndicats annoncent 3 millions de personnes (sur 65 millions de Français) dans les rues samedi dernier, il est clair que ce n’est pas le cas ! D’ailleurs, on peut également se demander pourquoi on ne retient dans le débat public que ce chiffre puisqu’il ne reflète pas la réalité ?