Et si on tentait le vote électronique ?

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Comme je le soulignais sur twitter, la date du second tour des élections présidentielles tombe le 6 mai, et donc potentiellement durant le pont du 8 mai pour certain. Si pour beaucoup la solution du vote par procuration va de fait s’imposer, il serait intéressant de lancer le débat sur des solutions alternatives. Je pense notamment au vote électronique, qui pourrait répondre à ce genre de problématique, et qui pourrait être également de luter contre l’abstention, notamment auprès des jeunes.
Bien entendu, de nombreux détails doivent être réglés :

  • Garantir le secret du vote
  • S’assurer de l’absence de pression du votant (l’isoloir étant pour le scrutin traditionnel une solution optimale, comment garentir que les personnes votant de chez elles sont libres de leur choix)
  • Faut il garder le scrutin traditionnel ?
  • Question liée à celle prétendante, si maintient d’un double système de vote comment s’assurer qu’une personne ne vote qu’une fois ? Se déclarer votant par internet nous « efface » de l’émargement des bureau de vote ?
  • Comment s’assurer qu’il n’y a pas usurpation ? Par exemple s’il y a envois de code, comment s’assurer que la personne la reçoive bien.

Bref, je propose d’ouvrir le débat dans les commentaires.

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Commentaires

8 réponses à “Et si on tentait le vote électronique ?”

  1. Avatar de JP Peyrin
    JP Peyrin

    La Démocratie n’est acceptée que si l’on peut faire confiance dans les élections. C’est à ce titre que l’on a condamné il y a quelques années les urnes opaques qui ont été remplacées par des urnes transparentes : on voit que l’urne est vide au début du vote, on voit tomber son enveloppe dans l’urne, on voit que l’on compte bien les enveloppes déposées … Accepter le vote électronique, c’est revenir à bien pire que l’urne opaque : impossible de garantir que l’urne est vide au départ, impossible de garantir que son enveloppe arrive telle qu’elle a été déposée, impossible de garantir que les enveloppes décomptées soient celles qui ont été déposées. Impossible donc de garantir le respect de la démocratie. C’est pas pour rien que la quasi totalité des informaticiens ont signé des pétitions pour interdire le vote électronique ; nous sommes bien placés pour savoir tout ce que l’on peut faire avec les ordinateurs. Aurélien, n’étais-tu pas informaticien, jadis ?
    A titre de première information, je propose la lecture de :

    « Introduction à l’analyse de chimères technologiques, le cas du vote électronique », Éditions du CNRS, Cahiers Droit, Sciences & Technologies, n°3, (2010), p:261-278.

  2. Avatar de Aurélien WILLEM

    Je suis toujours informaticien, et je connais les limites, d’ailleurs dans ma note, j’en avais déjà énoncé certaines.
    Les questions que tu poses sont très bonnes. Maintenant est-ce que c’est insurmontable ? Dans un certains nombre d’élections, dont les élections syndicales, on nous fait voter de manière électronique, pourquoi là c’est possible ?

  3. Avatar de JP Peyrin
    JP Peyrin

    Insurmontable, d’un point de vue technique, certainement pas. En gros, la fiabilité est déjà assurée. C’est le point de vue éthique, qui devrait inquiéter. Les logiciels resteront une tâche humaine, sous la protection humaine. Quand on voit le nombre de tentatives de bourrage d’urnes, on a le devoir de se dire que l’être humain n’est pas parfait.
    Sans aucun procès d’intention et juste à titre d’exemple : lors de la dernière élection présidentielle, en 2007, le logiciel et le matériel étaient placés sous la haute surveillance du ministre de l’intérieur … qui par ailleurs était candidat. Je suis à peu près certain qu’il n’y a pas eu fraude, mais qui peut affirmer qu’il n’y aura jamais fraude ? Et de toutes façons, ce vote obscur peut introduire une suspicion, donc un manque de confiance extrêmement grave en démocratie. On ne peut respecter l’adversaire que si l’on peut garantir la légitimité de son élection.
    Les deux seuls arguments des personnes favorables au vote électronique sont le temps de dépouillement et le papier gâché. Les deux arguments me semblent ridicules :
    – le temps de dépouillement : en est-on vraiment à quelques heures près ? D’autant plus que les statistiques nous permettent de connaître un résultat définitif quelques petites heures après la clôture d’un scrutin.
    – le papier gâché : le poids du papier utilisé pour les bulletins de vote est dérisoire par rapport aux tonnes de papier diffusées par les candidats. Par ailleurs, d’un point de vue écologique, le coût de fabrication des machines à voter, leur gardiennage, leur entretien, l’énergie consommée, … sont-ils meilleurs que la fabrication des bulletins ?

    Ma conclusion est que ceux qui utilisent le vote électronique ont tort, syndicats ou autres.

  4. Avatar de Aurélien WILLEM

    Certes, ce que tu dis est très juste, je suis d’accord avec toi.
    Néanmoins, il y a des faits que l’on ne peut nier : Le désintérêt croissant pour les élections.
    ça peut être dur à comprendre pour nous pour qui le vote est plus qu’un droit, mais un devoir de citoyen (enfin pour moi ça l’est en tout cas), mais pour beaucoup, se déplacer pour aller voter est un effort qu’ils ne souhaitent pas faire.
    Je me souviens étant plus jeune prendre ma voiture faire le tour de mes amis (même ceux qui ne votaient pas comme moi), et même trouver un aspect ludique (on faisait un peu les cons) pour les emmener voter sans ce pourquoi ils seraient resté chez eux.
    Qu’on le veuille ou non, pour beaucoup le virtuel est une manière de vivre, ils déclarent en ligne leurs revenus, ils achètent en ligne, gère leur compte en ligne, font même leur courses de la semaine en ligne…

    Bref, la question est complexe, même si moi je préférais toujours me déplacer et poser mon enveloppe dans une urne… Ne serait-ce pour voir mes voisins (et enchainer sur un apéro 😉 )

  5. Avatar de Aurélien WILLEM

    Les primaires UMP à Paris relancent quelque peu le débat sur le vote électronique en montrant justement ce qu’il ne faut pas faire : Primaire UMP : le PS peut choisir son adversaire pour 10 000 €. Pour autant, faut-il jeter le bébé avec l’eau du bain ?