Ce weekend avait de nouveau lieu un énième rassemblement de la « manif pour tous », près de 2 ans après le vote de la loi autorisant le mariage entre personnes de même sexe.
J’insiste sur le énième, car c’est avec une certaine lassitude que je vois perdurer ce mouvement anachronique. Une lassitude encore plus importante quand je vois l’énergie dépensée, pour un sujet… Mineur (voir ma note « que d’énergie dépensée pour une histoire de mariage »). Je suis également extrêmement mal à l’aise de voir autant d’élus UMP faire parti du cortège.
Mais au delà ce débat sur le mariage, c’est cette tentation ultra-conservatrice d’une partie de la droite qui effraie. En effet, à l’instar du « tea party », s’agrège autour de la manif pour tous une frange de la population qui ne remet pas seulement en cause le droit de personnes homosexuelles de d’officialiser leur union, mais qui remettent également en cause l’avortement (lorsqu’il a été question de supprimer la notion de « détresse » pour le recours à l’IVG, MAJ : lorsque 5 députés UMP vote contre la réaffirmation de l’IVG comme droit fondamental), la loi Leonetti (autour des sujets d’actualité comme Vincent Lambert). Ainsi, au grès de mes échanges sur les réseaux sociaux atour de ces sujets, j’ai été profondément choqué par certains propos émanant de nos militants.
A l’heure de l’élection d’un nouveau président de l’UMP, j’espère que ces voix ultraconservatrices ne trouverons pas un écho trop important ni dans le nouvel organigramme et ni dans le programme.
Commentaires
4 réponses à “La droite ne doit pas tomber dans l’ultra-conservatisme”
Il est regrettable de constater autant de confusion dans le raisonnement. Au moins, cette droite que vous fustigez a-t-elle le bonheur de réfléchir.
Refuser la suppression de la notion de « détresse » n’est même pas remettre en cause l’avortement, c’est le laisser subsister dans la forme en vigueur, mais en refusant d’acter qu’il soit autre chose qu’un acte ultime destiné à de telles situations de détresse ? De même la résolution d’hier ne visait pas à « réaffirmer » un droit fondamental. L’IVG n’est pas un « droit fondamental » ce qui, en droit, correspond à une catégorie spécifique de droits. Il s’agissait donc de dire que l’avortement serait un droit de portée supérieure. A-t-on encore le droit d’estimer que mettre un terme à une vie en développement n’est pas une valeur supérieure de notre pays ?!
Je lis aussi votre note sur le « mariage pour tous » et je constate que vous faites aussi partie de ces Français qui n’ont pas été capables de constater que l’adoption faisait partie du package et qu’il ne s’agissait pas d’une « simple histoire de mariage ».
Il semble que nous ayons un problème de vocabulaire : réaffirmer, c’est affirmer de nouveau. L’avortement n’a jamais été un « droit fondamental », tout au plus un droit. Dire qu’il est un « droit fondamental » c’est lui conférer une nouvelle portée, supérieure, qu’il n’avait pas. Ce n’est pas une réaffirmation, c’est une modification « que ça vous plaise ou non ».
Et, en tant que catholique pratiquant, considérer que le fait de mettre un terme à la vie est l’égal des droits fondamentaux que sont la liberté d’aller et venir, le droit à un juge etc. me choque au plus haut point. Juste un peu plus que le fait de se prévaloir de ses convictions catholiques pour le légitimer.
Il est très intéressant de noter la dévalorisation du droit à l’avortement. Votre « tout au plus un droit » est assez significatif de votre rejet.
Le droit à l’IVG doit être, en effet, un droit supérieur, réaffirmation ou modification de la loi. Il me semble fondamental qu’une femme puisse choisir si elle souhaite donner la vie, avant, et au début de sa grossesse que ce soit avec l’usage de contraceptif ou l’accès à l’avortement. Normalement l’argument même de liberté de choisir ou non de donner la vie devrait être suffisant pour justifier que l’accès à l’IVG soit un droit fondamental.
« J’aime » (c’est ironique) également votre notion de vie en développement, bien entendu, on peut débattre sur le réel début de la vie. Ce serait sans doute une discussion très philosophique où l’on aurait pu parler de conscience. Mais là n’est pas la question. Je répondrai par une autre question : Ne faut-il pas mieux une absence de vie physique, qu’une mort psychologique dans un milieu hostile car non désiré ? Et puis, ce serait s’éloigner de la vraie problématique, fondamentale : le droit des femmes.
Enfin, concernant le mariage pour tous, l’adoption de couple homosexuel ne me pose pas de problèmes. J’estime, et cela rejoins le paragraphe précédant, que l’amour, l’attention (matériel, sentimentale etc.) que portent les parents à un enfant est le plus important pour son épanouissement.
Je reviens sur ces commentaires qui, comme souvent, me mettent hors de moi. Par quoi commencer? Par un constat simple, les seules personnes à pouvoir apporter un consentement quel qu’il soit, sont les femmes. Tout simplement et très justement parce que ce sont elles qui vivent ce traumatisme, car il s’agit bien d’un traumatisme, on ne fait pas cela par plaisir. Une intervention médicale, quelle quelle soit, n’est jamais faite par plaisir. Les femmes doivent avoir le choix de donner la vie ou non, et ça, c’est un droit fondamental, lié de ce fait au droit d’avoir recours à l’IVG. Comme beaucoup vous pensez avoir le droit de contrer un avis qui ne vous concerne en rien, qui ne vous affecte pas. Il ne s’agit pas de votre petite personne, il s’agit de la vie de millions de femmes, de leur liberté, de leur sécurité, de leur intimité et de leur corps. Vous parlez de vie en développement? Au stade ou l’on pratique l’avortement, on ne peut pas parler de « vie » à proprement parler, arrêtez les clichés, réfléchissez un peu et repensez à cette phrase: la liberté des uns s’arrête là ou commence celle des autres. La votre s’arrête là justement. Les femmes ont cette liberté durement acquise, mais comme toujours dans cette société qui recule, on tend à vouloir la leur reprendre.