Étiquette : Education nationale

  • Une histoire d’accent qui me laisse circonspect

    Une histoire d’accent qui me laisse circonspect

    Orthographe recommandée

    Du buzz, rien que du buzz

    Surgie de nulle part, la polémique a fait un véritable buzz sur les réseaux sociaux : « Najat Vallaud-Belkacem veut détruire notre langue et son orthographe en imposant une réforme qui fera disparaitre les accents circonflexes ! », j’exagère à peine… Je ne suis pas un défenseur de la ministre de l’Éducation, loin s’en faut, mais s’il faut « taper » autant taper juste et non à côté.

    Car dans l’hystérisme ambiant, on oublie trop vite de creuser, de vérifier les informations. Car non, la ministre de l’Éducation n’est pas à l’origine de cette réforme, non on ne brade pas notre orthographe, non l’accent circonflexe ne va pas disparaitre…

    Une réforme de… 1990 !

    En effet, lorsque l’on regarde de plus prêt, la fameuse « réforme » date un peu : 1990, 26 ans, rien que ça ! Rien qu’en prenant connaissance de ce fait, il devient très difficile de comprendre, intellectuellement parlant, comment la mayonnaise a pu prendre autant ! Et si l’on regarde encore de plus près, cette fameuse nouvelle orthographe, « facultative » les premières années, est devenue la référence depuis le 19 juin 2008 ! Il y a 8 ans !

    Depuis 1993, le Petit Robert intègre cette nouvelle graphie. Depuis 2004, la plupart des éditeurs de texte (Word, LibreOffice) en font de même, comme les correcteurs des navigateurs comme Firefox. Nous sommes plus de l’ordre du fait établi que de la révolution annoncée.

    Le français est une langue vivante

    Mais au juste, en quoi consiste cette « nouvelle orthographe » ? Comme vous pourrez le constater sur le site qui lui est dédié, il s’agit d’une révision de quelques milliers de mots sur les quelques 32 000 du français usuel et les 90 000 que l’on peut compter dans les dictionnaires les plus fournis. Ces quelques retouches, assez minimes (le trait d’union, le pluriel des mots composés, l’accent circonflexe, le participe passé, diverses anomalies) ne relèvent pas de la simplification, mais plus de l’harmonisation, jugez-en par vous même :

    Principaux changements orthographiques
    Source : cyberprofesseur.com

    Le dyslexique que je suis ne manquera pas de s’interroger sur une quelconque simplification lorsque je vois le doublement d’un « t » pour combattif. Quant au fameux accent circonflexe, il ne disparait pas, comme l’explique très bien cet article. Alors pourquoi tant d’emballement ? Je ne l’explique toujours pas !

    Après tout, le français est une langue vivante. Et qui dit langue vivante, dit langue qui évolue avec ses locuteurs. Ainsi, le français de la chanson de Roland, n’a pas grand-chose à voir que celui des lumières, qui lui-même est bien différent de celui de Victor Hugo, qui lui-même a bien changé par rapport à celui parlé aujourd’hui. Ainsi, entre 1694 et 1990, le dictionnaire de l’Académie française a connu pas loin de 9 éditions complètes différentes, et en connaîtra encore d’autre je l’espère, ce serait le signe que notre langue française ne serait pas passée au statut de langue morte. Par ailleurs, chaque année, notre langue française s’enrichit de nouveaux mots sans que l’on s’émeuve.

    Conservatisme mal placé

    Alors, je ne comprends pas pourquoi il a eu tout ce bruit. J’avoue avoir un rictus lorsque je vois qu’un syndicat d’étudiants s’emporte contre une « réforme » qui existait avant leur naissance. J’ai du mal à croire que les raccourcis utilisés, voir les contre-vérités répétées en boucle aient « renforcé » l’opposition. S’emporter sur le sort d’un accent circonflexe est-il plus facile que de chercher des solutions pour notre système éducatif ?

    A lire sur le sujet :

  • Notes scolaires, la forme plutôt que le fond

    Notes scolaires, la forme plutôt que le fond

    note-scolaireFaut-il supprimer ou non les notes à l’école ? Voilà l’objet de la Conférence nationale sur l’évaluation des élèves : « journées de l’évaluation » organisée par la ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Najat Vallaud-Belkacem. Durant ces deux jours, experts et professionnels vont débattre sur la suppression ou non des notes…

    Je m’interroge sur la pertinence et surtout sur le sens des priorités de ce gouvernement. Ainsi, je me demande s’il est plus stimulant pour un élève d’avoir un système de couleur au lieu d’une note, ou bien s’il est plus stimulant pour lui d’avoir des rythmes scolaires adaptés ? Est-il plus stimulant pour lui d’avoir un B- au lieu d’un 8, ou d’avoir un professeur remplacé rapidement en cas d’arrêt maladie long ? Ou enfin, est-il plus stimulant pour un élève d’avoir un point rouge au lieu d’un 4, ou bien d’étudier dans un bâtiment qui ne tombe pas en ruine ?

    Encorne une fois, ce gouvernement va traiter des problèmes superficiels à coup de demie-mesures et autres effets d’annonce, mais les vrais problèmes, eux, s’entassent sous le tapis. Car au fond, note, couleur, lettre, notre système éducatif serra-t-il meilleur ? Je ne crois pas ! Mais qu’importe si pour la ministre la priorité doit être la forme plutôt que le fond très bien, nous continuerons à reculer au classement PISA et nos universités continueront à tomber en ruine comme vous pouvez le constater sur ce tumblr « Ruines d’Université ».

    Université de lettres et langues de BordeauxUniversité Paul Sabatier de Toulouse
  • Education, le rapport de l’OCDE qui pointe les lacunes de la France

    Il y a quelques mois j’avais écrit une note concernant l’éducation nationale : Éducation nationale le grand gâchis Français. Il y a un mois l’OCDE remettait un rapport sur les différents systèmes éducatifs dans le monde. Par manque de temps, je n’avais pas pu traiter  ce sujet. Aujourd’hui, je vous fais partager une interview très intéressante du 8 décembre 2010 de Bernard Hugonnier, Directeur adjoint de l’éducation à l’OCDE, réalisée par Jean-Jacques Bourdin sur RMC / BFM TV.
    Cette interview revient sur les sujets que j’avais déjà évoqués il y a quelques mois :

    • Rythme scolaire trop chargé et l’échec de la semaine de 4 jours.
    • Taille des classes qui n’a pas de rapport direct avec la réussite.
    • L’importance discipline et du respect des professeurs.
    • Le besoin d’autonomie pour les chefs d’établissements.
    • Un budget important ne signifie pas efficacité du système éducatif.

    Je vous invite à particulièrement écouter la fin de l’interview expliquant comment l’Allemagne a rattrapé son retard.

    • Éducation nationale le grand gâchis Français

      A l’heure de la rentrée, c’est une question polémique à laquelle François Lenglet s’est attardé sur RMC / BFM TV dans une tribune intitulée « Budget de l’éducation nationale: bien utilisé ? »

      Un constat cinglant : malgré des dépenses considérables 60 Milliards d’euros, l’éducation nationale est inefficace ! Un pavé dans la mare de ceux qui crient à tout va « Plus de moyens, pour plus de résultats » ce qui visiblement est totalement faux. Comme vous pouvez le voir dans la vidéo, les raisons sont multiples : Répartition des dépenses (pas assez en primaire par rapport au secondaire), pas de sélection drastique des enseignants, manque d’autonomie pour le chef d’établissement notamment dans le choix des professeurs.

      Outre ces problèmes de structure et d’utilisation du budget, d’autres lacunes sont constatées comme vous pouvez le voir dans cet article « N’apprend-on plus rien à l’école ? » : Année trop courte, journées surchargées, mais surtout l’évolution des programmes. En effet, depuis la création des cycles par Mr Jospin et les nouveaux depuis les années 95/96 voient l’appauvrissement de leurs contenus. Le point culminant de l’appauvrissement étant les programmes de 2002 voulus par Mr Lang.

      L’enseignement va mal, il est donc urgent d’apporter de vraie réforme à ce grand corps malade, c’est l’avenir de notre pays qui en dépend !

      MAJ: Je vous invite à lire également cet article : École : pas de lien entre effectifs et résultats