Le 4 octobre nous fêtions les 50 ans de la constitution, et de la 5° république.
Née dans la douleur de l’instabilité lié à la crise Algérienne, cette 5° république nous a apporté la stabilité qui nous manquait. Dommage d’avoir perdu 12 ans entre 1946 et 1958, à cause notamment de cette gauche qui n’avait pas compris les limites de la 3° république en nous proposant une 4° république qui n’était pas moins qu’une 3° bis. 50 ans plus tard, cette même gauche n’a pas changée et vie toujours dans le passé !
Sur le sujet de la constitution, je me permet de mettre un lien vers un article que j’ai écris il y a quelques mois déjà durant la campagne présidentielle : La VI république : attention tromperie !, mais également sur un article écrit par Mr Curtaud: Les 50 ans de la constitution
Étiquette : Institutions
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Les 50 ans de la 5° république
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La VI république : attention tromperie !
Parmi les débats de la campagne présidentielle, j’aimerais porter l’attention sur un thème resté relativement discret pour l’instant : le débat sur les institutions.
Un rapide coup d’œil sur les programmes des candidats UDF et PS et l’on peut voir des projets de réformes des institutions vantant les mérites d’une VI° république miracle, un peu à la manière d’une publicité pour la lessive avec « 100% de modernité à l’intérieur ». Mais il ne faut pas être dupe, sous couvert de « représentativité du parlement », « proportionnelle » et autres artifices, ce n’est pas une VI république que l’on nous propose, mais bel et bien un retour aux III et IV républiques. Où est la modernité dans tout ça ?C’est vrai qu’avec le temps, il nous est difficile de nous souvenir en quoi la V° république a vu le jour et en quoi les défuntes III et IV ont été des échecs retentissants. Pourtant, c’est bien l’Instabilité chronique, immobilisme qui nous a conduits à 2 désastres : la crise d’Algérie, la débâcle de 1940. Certains sceptiques me demanderont le rapport, il est pourtant simple, ces deux modèles ont été incapables de faire face à deux crises (et surtout ce qui les a annoncés) car aucun gouvernement n’a duré assez longtemps et n’a pu (ou voulu) mettre en œuvre les actions nécessaires. Ainsi, entre 1918 et 1940, la durée de vie d’un gouvernement n’était que de 6 mois, et encore moins pour la IV république ! Pourquoi ? Tout simplement qu’avec le principe cher à nos pros VI de proportionnelle, il était impossible de dégager une majorité claire. S’en résultait donc des systèmes d’alliance qui se faisaient aussi rapidement qu’elles se défaisaient… Car c’est bien là le problème de ces républiques parlementaires :
- l’impossibilité de durer et de s’entendre
- la difficulté de prendre une décision dans la crainte de briser le fragile équilibre.
Il n’y a qu’à voir les récents problèmes en Italie pour comprendre que ces grandes coalitions nationales contre nature ne sont que des chimères.
Certains auront tendance à brandir le fameux article 49.3 qui permet de faire passer une proposition de loi par seul vote. À cela, je réponds, arrêtons la chasse aux sorcières ! Ceux qui critiquent ce fameux 49.3 étaient ceux qui l’utilisaient à outrance 20 ans plus tôt. Car nos amis socialistes ont la mémoire courte, si les gouvernements Raffarin et Villepin en ont fait usage 1 fois, le gouvernement Rocard l’a fait à 27 reprises ! Pourquoi un tel revirement d’opinion ? Sans doute parce qu’il est plus facile de crier au loup, que de comprendre l’intérêt d’un tel article, alors que justement, il permet d’éviter ces pitoyables guerres de tranchées déraisonnables qui sont une offense et une menace pour la démocratie puisqu’une minorité dictatoriale pourrait chercher à bloquer sans vergogne nos institutions !
Bref, ne nous laissons pas abuser par des idées une fois de plus démagogiques et n’oublions pas qu’une constitution démocratique doit être efficace, stable en permettant au gouvernement de travailler. En cela la V° république est une réponse appropriée entre représentativité et efficacité : Grâce à l’équilibre de ses institutions elle permet à la démocratie d’exister, tout en assurant l’avenir de celle-ci. Car dans le fond, le principal danger pour une démocratie n’est-il pas l’immobilisme ? A vouloir écouter tout le monde, n’entendons-nous plus personne ?