Droite progressiste

Depuis le début du « Pénélope Gate » il y a un mois, je m’étais gardé de tout commentaire sur la candidature de François Fillon. Aujourd’hui, la gravité de la situation me pousse à sortir de la réserve que je m’étais imposée suite à la primaire.

Une réponse inaudible

La façon dont le candidat Fillon et son équipe de campagne ont géré cette crise est à mes yeux tout simplement déplorable.

Sur le fond de l’affaire des emplois présumés fictifs, je me garderai de tout jugement, et je fais entièrement confiance à la justice pour évaluer l’innocence ou la culpabilité de François Fillon et de son entourage. Néanmoins, je déplore que celui-ci n’ai pas pris la mesure de l’impact que cette pratique peut avoir aux yeux des Français.

L’emploi de membres de sa famille, et plus globalement l’utilisation de l’enveloppe parlementaire ne peut plus se faire comme par le passé. Et bien que ces pratiques soient courantes, en 2017 nous avons besoin de transparence. Cette transparence, vis-à-vis de l’utilisation de l’argent public, est encore plus forte lorsque l’on demande aux Français de faire des efforts.

Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ?

A plusieurs reprises, François Fillon a fait de sa probité un argument de campagne lors de la primaire. On se souvient notamment cette petite phrase sur De Gaulle prononcé le 28 aout 2016 en visant à demi-mot Nicolas Sarkozy empêtré dans les affaires. Le même jour François Fillon déclarait également :

« Si j’étais mis en examen, je ne serais pas candidat (…) je considèrerais que je ne serais en mesure d’assurer la direction du pays »

Ce sont sensiblement les mêmes mots que François Fillon utilisait le 26 janvier, en plein « Pénélope Gate » au JT de TF1 :

« Il n’y a qu’une seule chose qui m’empêcherait d’être candidat, c’est si c’est mon honneur était atteint, si j’étais mis en examen »

Or, jeudi, François Fillon nous faisait part de sa convocation auprès du juge le 15 mars pour une mise en examen, tout en affirmant qu’il resterait candidat jusqu’au bout, rompant ainsi le pacte moral qui le liait avec les Français (26 janvier) et les électeurs de la primaire (28 aout).

En faisant preuve de parjure, François Fillon s’est disqualifié lui même de la présidentielle. Ainsi, quelle valeur donner aux promesses du candidat si en moins d’un mois ce dernier peut revenir sur la parole donnée ?

Ce dernier acte ne fait que sceller le cercueil d’une campagne devenue inaudible. En effet, force est de constater aujourd’hui que François Fillon n’est plus en mesure de porter le projet de la droite et du centre. Il y a un vrai risque de se voir éliminé dès le premier tour d’une présidentielle que la droite ne pouvait pas perdre.

Il n’est pourtant pas trop tard pour redresser une situation presque désespérée, mais pour cela il faut que François Fillon renonce et face appel, selon moi, à la personne la plus à même de rassembler notre famille politique et au delà : Alain Juppé.

 

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