Droite progressiste

Ce weekend avait lieu l’élection du président du parti « Les républicains », et bien que n’ayant pas pris part à ce scrutin, ayant passé 12 années à militer au sein de l’UMP, ces élections ont forcément un écho chez moi.

Une désertion des militants :

Sans surprise, en l’absence de ténors, Laurent Wauquiez remporte ce scrutin dès le premier tour avec 74,64%, suivit par Florence Portelli 16,11%, et Maël de Calan 9,25%. Mais derrière ce sacre de Laurent Wauquiez se cache une triste réalité : d’une « machine de guerre à remporter les élections » capable de rassembler la droite républicaine et le centre droit de 2002, le parti « les républicains » n’est aujourd’hui qu’un astre mort.

S’il fallait se convaincre de ce constat, la lecture des chiffres de la participation à cette élection suffisent à eux seuls pour illustrer cette déliquescence : En 2012, 176 608 militants avaient pris part au vote entre Copé et Fillon, ils étaient 155 851 en 2014 pour le retour de Sarkozy, aujourd’hui, seuls 99 597 ont voté, c’est presque moitié de moins que 2012 ! Autre comparaison, le nombre de participants en 2017 est équivalent au nombre de votants pour Nicolas Sarkozy en 2014.

Cette hémorragie de militants, dont je fais partie, s’explique assez simplement :

Aucune remise en cause :

Des échecs électoraux de toutes les élections intermédiaires entre 2007 et 2012, des élections présidentielles de 2012 et de 2017, quelles introspections ont été faites ? Aucune ! À aucun moment l’UMP d’hier et le parti « les républicains » d’aujourd’hui n’a réellement cherché à comprendre les raisons de ses échecs.

Pire encore, les dirigeants ont préféré répéter une petite musique aux militants pour s’exonérer de la défaite : « avec 15 jours de campagne supplémentaire, on gagnait en 2012 » ou « sans la campagne des médias contre, nous gagnions en 2017 ». Pourtant, la réalité est toute autre.

Prenons par l’exemple de Fillon, de 31% au lendemain des primaires, en à peine 2 mois et à la veille du PenelopeGate il était descendu à 25% ! L’affaire Pénélope a sans aucun doute scellé le sort du candidat, mais le dévissage dans l’opinion existait bien avant. Fermer les yeux sur les raisons de cette chute, c’est faire l’impasse sur le décalage du programme proposé avec l’attente des Français, j’en parlerai plus loin.

Un empilement de fake news

Mais ce qui m’a le plus énervé ces dernières années, c’est l’empilement des fausses informations. J’ai un esprit cartésien, je ne peux déjà pas comprendre l’appétence de certains militants pour les sites de désinformations, mais lorsqu’un cadre LR se vautre dans l’intox, cela me désespère. Dernièrement, regardez les déclarations de Laurent Wauquiez sur Firminy, ou bien Virginie Calmels au sujet des vacances de Noël. Mentir aux Français, c’est ça le « retour de la droite » ?

Un parti qui préfère expulser les constructifs, mais qui ferme les yeux sur les Balkany :

Depuis des années, je n’ai de cesse de dénoncer le manque de ménage fait à l’UMP. Pourtant que ce soit au niveau local ou au niveau national, on retrouvera toujours le couple Balkany au premier rang des meetings dans les hauts de seine, comme Alain Carignon aux meetings isérois.

Pire encore, le bureau politique préfère exclure les « constructifs » qui refusent de s’inscrire dans une caricature d’opposition, mais à quelques semaines de l’ouverture du procès aux assises de Georges Tron, accusé de viol, ce dernier n’est même pas suspendu à titre conservatoire. Il a même eu un temps eu l’investiture pour les législatives de 2017 ! Imaginiez le message envoyé aux Français !

Incohérences et manque de courage politique :

Ce qui me marque également ces derniers mois, c’est la ligne politique illisible des républicains. Prenons par exemple les emplois aidés : François Fillon voulait les supprimer dans son programme présidentiel, pourtant, lorsque Macron décide de les réduire progressivement, les « républicains » en deviennent les défenseurs.

Plus globalement, depuis des années, la droite fustige le Code du travail, les 35h, sans jamais les supprimer pour autant. Aujourd’hui, le président Macron a réformé en 6 mois le Code du travail, comme jamais cela n’avait été fait. « Les républicains » accusent la réforme de ne pas aller assez loin, pourtant qu’ont-ils fait lorsqu’ils étaient au pouvoir ?

Un repli idéologique :

Dernier point et non des moindres : le repli idéologique amorcé depuis plusieurs années. À sa création, l’UMP savait rassembler en son sein de nombreux courants de pensée : Libéraux, gaullistes, conservateurs, démocrates-chrétiens. Progressiste, pro-européen, gaulliste social et libéral, je me retrouvais parfaitement dans ce mouvement. Je me souviens d’ailleurs avoir voté avec conviction pour le président du pouvoir d’achat en 2007. Pourtant, au fil du temps le spectre électoral de l’UMP puis des « Républicains » n’a cessé de se réduire, au point qu’aujourd’hui, on entend plus que les identitaires, les europhobes et les conservateurs.

Laurent Wauquiez est un très bon exemple de cette contorsion idéologique : d’une sensibilité centre droit, humaniste et pro-européenne (que j’avais soutenu à cette époque), il affiche aujourd’hui ce visage conservateur et identitaire. Argüant le retour d’une « vraie droite » « fière de ses valeurs » il marginalise tout autre courant de pensée. Pour autant, être de droite ce n’est pas refuser du mariage pour tous, être de droite, ce n’est pas faire une fixation sur les crèches, être de droite, ce n’est pas avoir peur de l’Europe, être de droite, ce n’est pas fustiger l’IVG

Le renouveau de la droite sera en dehors des « républicains »

Malgré ce triste constat, je pense qu’il y a un avenir à droite. Entre l’aile droite de LREM, l’UDI, et le nouveau parti Agir, l’offre politique alternative aux « républicains » existe. Pour ma part, la politique menée par Édouard Philippe correspond le plus à mes convictions. La recomposition politique est en marche !

 

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